La Cabane
La Cabane

Lean on the memories of my disappearing bodies
Rafael Kouto

En collaboration avec Positive Life Festival, un festival culturel pour créer de nouvelles représentations de la vie avec le VIH.

POUR LES GENS PRÉSSÉS
Dans le cadre de la résidence, Rafael Kouto a entrepris une recherche autour du vêtement comme extension possible de la mémoire du corps et notamment celle d’une personne décédée. En vue de créer trois ensembles, des soies imprimées et une série d’images, l’artiste, fidèle à ses valeurs, a privilégié l’upcycling et la collaboration. L’installation propose une approche conceptuelle en posant la question de la nature des images : est-ce le souvenir du corps qui crée le vêtement ou le vêtement qui crée le souvenir du corps ?

POUR ALLER PLUS LOIN
Designer de mode, Rafael Kouto s’est rendu à la boutique de vêtements de seconde main située sur le site de Cery afin de démarrer ses recherches. À partir de pantalons, l’artiste a produit trois ensembles qui se définissent d’un point de vue technique, mais aussi idéologique par la collaboration. Griscenda Niggli a été sollicitée pour le crochet. Jean-Vincent Simonet a fabriqué des images qui ont été imprimées sur le textile. Ayomide Tejuoso Plantation a photographié Elie Autin portant les créations de Rafael Kouto, tandis que les bénéficiaires des Ateliers de réhabilitation ont été invité·e·s à intervenir avec de la couleur sur certains textiles. Dans le cadre du parcours d’expositions SUPPORT qui s’intéressait au textile comme support de mémoire et de revendications à l’image du Patchwork des NOMS (AIDS Memorial Quilt – dans ce contexte, une courtepointe conçue en mémoire des personnes décédées des suites du SIDA), Rafael Kouto s’interroge sur l’abstraction des corps touchés par le VIH : « Ma question est de savoir si, au-delà de la dimension délimitée par les quatre côtés du rectangle de tissu, il existe une extension possible de la mémoire d’un corps absent, qu’il soit mort, désiré ou rêvé ? Comment les corps peuvent-ils acquérir une nouvelle symbolique ? ». Pour répondre à ces questions, l’artiste propose une installation constituée par un textile non tissé, appelé vlies, représentant une personne racisée, enveloppée dans un tissu sur lequel est imprimé un corps. Les trois photographies apposées sur le textile, ainsi que la présence d’un voile sur lequel est également visible un corps, font penser au procédé littéraire de la mise en abyme. Porter son propre corps ou un autre, un effet qui permet d’évoquer le processus de la mémoire et de la construction identitaire notamment à travers l’histoire du corps colonisé et exploité auquel le titre, en français Appuyez-vous sur les souvenirs de mes corps disparus, fait allusion. Rafael Kouto rend hommage aux communautés marginalisées, analyse la physionomie des corps et fait référence à Richard Sennet : « Parfois, il devient impossible de savoir si c'est l'outil qui utilise le corps ou le corps qui utilise l'outil ».

Une partie de la production textile sera visible à Bad Posture du 18 mai au 30 juin 2024.


Espace Cery · 2


Hall principal
Route de Cery 60
1008 Prilly

Du 4 avril au 9 juin 2024


Ouvert en tout temps


Vernissage


Jeudi 4 avril à 18h



BAD POSTURE


Arche du Grand-Pont
Place de l’Europe 7
1003 Lausanne

Du 18 mai au 30 juin 2024


Ouvert sur rendez-vous Email ou Instagram


Vernissage


Samedi 18 mai dès 16h