Production/Reproduction

Production/Reproduction

En parallèle de l’exposition Bébé en tête au Musée de la main. Une exposition pour briser les tabous autour de la période périnatale.

Le titre, PRODUCTION/REPRODUCTION, marque une opposition entre la création d’une œuvre (production) et la maternité (reproduction).
Quatre artistes femmes partagent, au travers de leur travail artistique, des questionnements sur la place des femmes dans la société et leur expérience de la gestion de la vie professionnelle et privée.

Le parcours d’expositions PRODUCTION/REPRODUCTION reprend l’antagonisme entre création d’œuvre et procréation pour mieux s’en extraire.
Bien que les modèles familiaux se diversifient, l’articulation entre les vies professionnelle et privée reste un défi pour les femmes. Dans le domaine de l’art, un quart des actrices culturelles décident d’avoir un enfant, deux fois moins que la population féminine dans son ensemble.
Les œuvres de Clare Goodwin font écho au titre, en invitant à repenser le quotidien. Il y a production et reproduction, à travers des mises en relation, de matériaux, de formes et de références issues principalement des années 1970. Marie Ilse Bourlanges met en parallèle une bergère et son expérience de la parentalité. Maëlle Gross choisit le tapis et le drapeau comme formats pour questionner la représentation des femmes.
VU.CH, l’art à l’hôpital, donne la parole à quatre artistes femmes, une démarche symbolisée par les porte-voix de Valérie Alonso.
Prendre soin – autour de cette idée apparaît une intention commune : bousculer cette répartition des rôles pour plus d’égalité entre les genres. Et l’art soigne et constitue une forme d’espoir.

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Production/Reproduction 1

Clare Goodwin
Stillscape

POUR LES GENS PRESSÉS
Clare Goodwin utilise des éléments de meubles récupérés qu’elle réagence. Ces œuvres peuvent être perçues comme des compositions abstraites, mais elles évoquent aussi les espaces domestiques d’où ces meubles proviennent.
L’ensemble de l’installation touche à la fois à l’intime et à l’universel, en questionnant les codes et les représentations que nous avons de la maison et plus largement de la société. C’est aussi l’occasion de contempler des formes, des matières et des couleurs.

POUR ALLER PLUS LOIN
Cette installation correspond à un format d’exposition spécifique à l’artiste, appelé « Stillscape » – Paysage immobile en français – et qui évoque un environnement domestique. Dans les sculptures, le papier peint, les céramiques, la pratique de la peinture de l’artiste est visible dans la façon de traiter des surfaces et d’agencer des formes géométriques de couleurs.
Le papier peint fonctionne comme une séparation – un rideau ou un paravent – prolonge l’espace au-delà des éléments visibles.
Au premier plan, une série de douze horloges dont les aiguilles sont arrêtées à des heures différentes, deux « Ceramic Block » et quatre sculptures abstraites créées avec du mobilier démonté, puis réassemblé.
Les éléments étant dépourvus de fonctionnalité, il ne s’agit plus d’une cuisine ou d’une chambre, mais plutôt du souvenir d’un espace domestique, son ambiance caractérisée par des manques et des combinaisons nouvelles.
Le mobilier, mais aussi les courants artistiques auxquels l’artiste se réfère, nous ramènent aux décennies précédentes. C’est tout un système social qui est évoqué et qui rappelle certains rôles attribués aux genres dans la sphère privée.
Déconstruire et réassembler : une démarche qui met en valeur le potentiel du matériau en tant que porteur de sens, pour devenir un support narratif. La reconstruction pourrait aussi s’apparenter à une façon de promouvoir les alternatives qui se cachent derrière les conventions. Ainsi, plusieurs lectures sont possibles – contemplative ainsi que politique – qui dans tous les cas font du bien.

VISITES COMMENTÉES

Un commentaire de l’exposition STILLSCAPE par les chargées du programme VU.CH, l’art à l’hôpital.

Les vendredis 1er mars, 5 avril, 3 mai et 7 juin à 12h15.

Inscription recommandée

Partenaire culturel

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Espace CHUV


Bâtiment hospitalier principal
Hall d’entrée
Rue du Bugnon 46
1011 Lausanne

Jusqu’au 9 juin 2024


Ouvert au public en tout temps


VERNISSAGE


Jeudi 1er février 2024
à 18h

Marie Ilse Bourlanges
Marie Ilse Bourlanges
Marie Ilse Bourlanges
Marie Ilse Bourlanges

Production/Reproduction 2

Marie Ilse Bourlanges
Je File un Fil pour ma Fille

Pour explorer la complexité des différentes dynamiques qui apparaissent dans une relation, Marie Ilse Bourlanges a filmé sa fille ainsi qu’une bergère avec ses moutons. Subtilement, l’ambivalence entre soin et contrainte est mise en évidence.

Marie Ilse Bourlanges présente ‘je file un fil pour ma fille’, une installation constituée d’une vidéo et d’une série d’éléments en laine.
Pour explorer les dynamiques, notamment de pouvoirs, qui apparaissent dans une relation, l’artiste fait dialoguer dans son film des images évoquant le lien qu’elle a avec sa fille et la relation d’une bergère avec ses moutons. Un parallèle qui permet une prise de conscience plus large autour de la notion de soin. Les corps engagés dans des actions quotidiennes négocient leur territoire, se laissent faire ou résistent. Ainsi, la possibilité d’un basculement entre les rôles, mais aussi d’un glissement entre le soin et la contrainte devient possible. La laine et les « mots tissés » qui la maintienne symbolise une tension et dont le son « f » répété évoque le bruit blanc, soit les premiers sons entendus par l’enfant dans l’utérus.
L’installation pensée dans le contexte du parcours d’expositions permet aussi d’interroger les liens entre art et parentalité sous d’autres axes : comment filmer sa famille, ou comment intégrer ou non son entourage dans sa pratique professionnelle. La cellule familiale, lieu de l’intime, concerne pourtant des problématiques qui la dépasse et demande à tout un chacun de se questionner sur sa relation à l’autre.

MOTHER’S MILK
Discussion et présentation du livre d’artiste à l’occasion du finissage de l’exposition.

Ce livre intime, qui explore les liens entre l’archive et la fiction, reconstruit la chaîne d’événements qui conduit Ilse, grand-mère de l’autrice, à être internée dans l'hôpital psychiatrique de La Timone à Marseille, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Cette recherche artistique met en lumière les enjeux collectifs autour de la mémoire, la perception de la folie, et comment apaiser le traumatisme intergénérationnel.
En présence d’Alix Chauvet, designer graphique Franco-Suisse et l’autrice Marie Ilse Bourlanges, artiste multidisciplinaire basée à Amsterdam.
Publié en 2023 par Jap Sam Books

Espace Mercerie


Rue Mercerie 22
1003 Lausanne

8 mars – 9 juin 2024


Ouvert tous les samedis
de 11h à 14h


VERNISSAGE


Vendredi 8 mars 2024
à 18h


FINISSAGE


Samedi 11 juin 2024
à 11h30


Présentation du livre d’artiste Mother’s Milk.

Inscription conseillée : vu@chuv.ch

Valérie Alonso
Valérie Alonso
Valérie Alonso

Production/Reproduction 3

Valérie Alonso
Dis-moi ce que tu entends là que tu n’entends pas là-bas

Les porte-voix, objets de luttes sociales, de Valérie Alonso, sont à l’image des voix, individuelles ou collectives, fragiles ou fortes qui constituent la société.

Le verbe, la voix, c’est faire sa place et exister. C’est aussi un moyen d’échanger et partager. Le porte-voix permet aussi le renversement, celui d’être non ce qui diffuse et amplifie le son, mais l’écoute, en inversant l’objet et en le portant à l’oreille, il devient l’extension du pavillon et ramène au pouvoir de l’écoute.
La fragilité du matériau, la céramique, est mise en tension avec la fonction de l’objet. Exposer les porte-voix dans le contexte de la BiUM fait apparaitre d’autres paradoxes comme le fait de les isoler dans des vitrines dans un lieu d’étude où les règles du silence sont de mise.

Bibliothèque universitaire de médecine


CHUV/BiUM
Chemin des Falaises 2
1005 Lausanne

Jusqu’au 9 juin 2024


Lundi à vendredi de 8h à 22h
Samedi et dimanche de 9h à 21h

Maëlle Gross
Maëlle Gross
Maëlle Gross
Maëlle Gross

Production/Reproduction 4

Maëlle Gross
Their Purpose

C’est à travers une recherche autour de la figure de la sorcière que Maëlle Gross rend hommage à celles et ceux qui « dérangent » et rend visible les mécanismes qui stigmatisent et mettent à l’écart certaines populations.

VU.CH, l’art à l’hôpital, expose sept bannières qui questionnent notamment le genre, avec pour point de départ la procréation et l’histoire de la sorcellerie. Les images et les mots de Maëlle Gross permettent de prendre du recul et un ancrage dans le monde contemporain. La tache de naissance comme le masque étaient utilisés dans le but de justifier et faire subir des sévices publiquement. Ainsi, l’artiste dénonce une violence systémique et célèbre en même temps, par la présence des couleurs et le choix d’une typographie inclusive, celles et ceux qui se retrouvent en marge. La volonté de soutenir les combattant·e·x·s d’aujourd’hui est renforcée à l’Hôtel des Patients, dans le sens où ce lieu représente peut-être un passage caractérisé par une certaine fragilité.

Pour voir d’autres œuvres de Maëlle Gross, consultez le site du Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne ou celui du Musée de la Main.

Hôtel des patients


Avenue de Sallaz 8
1005 Lausanne

Jusqu’au 9 juin 2024


Ouvert en tout temps