ART+HÔPITAL
L’ART À L’HÔPITAL s’inscrit dans une longue histoire entre art et médecine. Si la présence de l’art à l’hôpital peut sembler secondaire face aux missions premières, elle impacte pourtant pleinement l’expérience des patient·e·s, des proches et du personnel. Ce parcours de six expositions donne à voir la diversité des approches et des formes qui en résultent en milieu hospitalier et contribue à en rendre l’accès plus visible et plus ouvert.
En partenariat avec Les Ateliers de réhabilitation, le Musée de la main UNIL / CHUV et le Fonds national suisse.
Attesté par des études scientifiques (OMS 2019), l’art est bénéfique pour la santé et participe au mieux-être et à la guérison. Il s’agit d’un soin non spécifique qui vise la santé dans sa globalité plutôt qu’une pathologie particulière. D’une part, le lieu (l’hôpital), ainsi que le statut (personnel, patient·e ou proche, etc.) induisent des lectures différentes des œuvres. D’autre part, au CHUV, certaines personnes regardent des œuvres, écoutent de la musique ou assistent à une représentation théâtrale, tandis que d’autres choisissent une œuvre pour un espace de travail ou d’accueil, collectionnent par passion, participent à un atelier ou font de l’art. Avoir une expérience esthétique peut être agréable, faire réfléchir et parfois déranger.
ART+HÔPITAL 1
Maria Clara Castioni
et la collection d’art du CHUV
Avec les œuvres de la collection d’art du CHUV : Jacqueline Aeberhard · John M. Armleder · Caroline Bachmann & Stefan Banz · Léonore Baud · Canaletto · Jean-Pierre Fritschy · Yann Gross · Shannon Guerrico · David Hominal · Karl Otto Hügin · Line Huguenin-Subilia · Florian Javet · Jean-Luc Manz · Damian Navarro · Didier Rittener · Julia Sørensen · Alberto Tognola
Un décor, mais ici : pas de spectacle !
Un reflet d’un environnement qui se présente comme une invitation à mobiliser l’imaginaire de chacune et chacun afin de créer des histoires. Il s’agit de cacher ou de rendre visible, de s’asseoir ou de se mettre en mouvement, de démêler le vrai du faux ou tout simplement de laisser son esprit vagabonder.
ARTCHUV invite Maria Clara Castioni à mettre en scène une sélection d’œuvres de la collection d’art, qui depuis plus de trente ans constitue l’un des patrimoines du CHUV.
La scénographe propose une installation qui donne à voir une image d’un rideau qui couvre, et découvre, le grand mur d’exposition du hall et prolonge ainsi de manière fictive la ligne d’horizon. Dépourvu de sa matérialité, le rideau est interprété comme un seuil symbolique.
« sLe rideau fait souvent apparition dans mon travail, où je m’intéresse à sa capacité d’ouvrir et d’engager activement le regard, en le détournant et le transformant d’outil physique en élément métaphorique. s»
Maria Clara Castioni
Cet objet perturbe la compréhension de l’architecture générant un espace de fiction.
Le procédé narratif, appelé la mise en abîme, consiste à répéter une œuvre à l’intérieur de l’œuvre. Ici, il participe à déplacer et questionner le regard. Les œuvres d’art sélectionnées définissent un territoire, parfois brumeux, propice à la rêverie. Cette installation confère à ce lieu de passage d’autres dimensions, le hall se transforme en lieu des possibles. Tout converge de sorte à s’interroger sur la limite entre ce qui existe et ce qui est de l’ordre de la fiction. L’ESPACE CHUV se transforme en une promenade entre un ici et un ailleurs.
Marie-Aude Guignard
L’ART¿
Performance buissonnière pour affichage officiel dans l’espace public.
Entre performance collective et manifeste dans l’espace public, Marie-Aude Guignard invite les enfants à « (re)définir » l’art.
Ces définitions sont sensibles, nourries de sensations et d’images.
L’ART¿ est une création in situ en deux temps.
La metteuse en scène, comédienne et performeuse, Marie Aude Guignard part à la rencontre d’enfants de 7 à 12 ans dans différentes villes (Renens, La Chaux-de-Fond et prochainement à Genève, Martigny, Delémont et Monthey). Elle met en place un contexte de création favorable à l’expérience collective dans un rapport horizontal, où elle invite les enfants à interroger la place de l’art dans leur vie et dans la société.
Les mots et formulations des enfants sont archivés par l’artiste et ces récits vont ensuite coloniser l’espace public de leurs villes.
L’aboutissement de cette performance est un Manifeste poétique pour l’espace public, qui hisse une parole d’enfant sur des panneaux officiels tout en donnant la possibilité aux citoyen·ne·s de créer leurs propres récits sur l’art.
L’art doit être redéfinit sans cesse au gré des intentions, des contextes sociaux et des enjeux politiques. Ce qui le rend parfois difficile à appréhender, mais fait aussi sa force.
CRÉDIT CONCEPTION, PERFORMANCE, DRAMATURGIE Marie-Aude Guignard PERFORMANCE avec les enfants de Renens et de La Chaux-de-Fonds DESIGN GRAPHIQUE ET COLLABORATION A LA DRAMATURGIE Studio Madame Paris ADMINISTRATION ET AIDE À LA PRODUCTION Tiago Branquino PRODUCTION Bonsoir la Compagnie COPRODUCTION CCHAR SOUTIENS Avec l'aide du Canton de Vaud, la Ville de Renens, la Ville de La Chaux-de-Fonds, SaMba - Société des Amis du Musée des Beaux-Arts La Chaux-de-Fonds, SSA - Société Suisse des Auteurs, La Ferme des Tilleuls PARTENAIRES L’Établissement primaire de Renens-Est, Les parascolaires de La Chaux-de-Fonds, Le Musée des beaux-arts La Chaux-de-Fonds RE-TIRAGE exceptionnel de 8 affiches, extraites des Manifestes poétiques format mondial pour l’espace public, éditions 2024 : à Renens (48 affiches F4, avec 300 enfants de Renens) et édition 2024 à La Chaux-de-Fonds (32 affiches F4, avec 44 enfants de La Chaux-de-Fonds).
Espace CHUV
Bâtiment hospitalier principal
Hall d’entrée
Rue du Bugnon 46
1011 Lausanne
Jusqu’au 25 octobre 2026
Ouvert au public en tout temps
VERNISSAGE
Jeudi 18 juin 2026 à 18h
Suivi d’une Déambulation narrative par Emanuelle Klaefiger
ART+HÔPITAL 2
Julien Mages
Le tarissement se souvient de l'eau
Julien Mages, auteur, comédien et metteur en scène expose une sélection de textes écrit à même le mur de l’ESPACE CERY. L’auteur y exprime une quête personnelle. Il explore la violence des divisons intérieurs : solitude, mort, liberté ou la pensée comme quelque chose qui écarte.
Les textes proviennent de deux de ses recueils de poésie contemporaine : Le Recueil Dernier (en cours) et Les Accouchantes (2025). L’auteur malmène le texte pour mieux exprimer ses pensées et offre ainsi aux lectrice et lecteur des espaces de réflexion libres d’interprétation.
Graphiquement, les textes s’inscrivent dans quatre triangles qui progressivement contraignent la longueur des lignes, jusqu’à n’exprimer qu’un dernier mot.
Julien Mages s’intéresse aux différentes formes de conscience modifiée, notamment celles induites par des parcours de maladie psychique. Personne concernée et artiste reconnu de la scène culturelle contemporaine, il invite à observer comment la maladie et l’art peuvent se nourrir mutuellement, sans pour autant relever d’une pratique de soin directe.
En septembre Julien Mages va terminer son intervention par une performance théâtrale, largement inspiré de son vécu, et de ce qu’il appelle aussi son « super pouvoir ».
Espace Cery
Hall principal
Route de Cery 60
1008 Prilly
Jusqu’au 25 octobre 2026
Ouvert au public en tout temps
ART+HÔPITAL 3
Mathilda Olmi
A burst of light
Pour ce projet, un appel à participer a été lancé au sein du DFME-CHUV en 2025 en collaboration avec le Service de gynécologie et le Centre de santé sexuelle-planning familial du CHUV. Remerciements : Aimée, Agathe, Simone, Corinne, Manon, Melissa, Pierre, Sandrine, Shal, Sonia, Stéphanie et Yvonne.
Ce projet vise à interroger les représentations du corps en célébrant la diversité et les transformations. En faisant émerger de nouvelles images et de nouveaux récits, il contribue à élargir les imaginaires collectifs et à faire évoluer les normes.
Chaque modèle a vécu une expérience singulière à l’hôpital. Souvent traversée dans l’isolement ou le silence, celle-ci impacte fortement la perception et l‘image de soi. Par la photographie, les vécus trouvent ici une expression partagée et une portée collective.
ARTCHUV développe une programmation centrée sur des projets d’art contemporain. Ces projets n’ont pas toujours un lien direct avec la santé : ils offrent des espaces d’évasion et de réflexion. Toutefois, selon les démarches, certains projets peuvent mettre en lumière ou interroger des réalités liées au contexte : l’hôpital.
À la suite d’une demande émanant du terrain, ARTCHUV invite Mathilda Olmi à réaliser une série de portraits de personnes ayant vécu un parcours de soin au sein du Département femme-mère-enfant (DFME) du CHUV. Les participant·e·x·s volontaires ont choisi de rendre visibles les traces que cette expérience a laissé sur leur corps.
« Avec ces photographies, je souhaite offrir un espace d’acceptation pour apprendre à embrasser les transformations que la vie et la santé entraînent pour nos corps. »Mathilda Olmi
À l’image d’un éclat de lumière, A burst of light, ces photographies baignées de nuances délicates apportent chaleur et réconfort, tout en révélant certaines réalités parfois éprouvantes. Pour les modèles, cette démarche constitue une manière de reconnaître une étape déterminante de leur histoire personnelle et de lui donner une place dans leur identité. Quelles qu’en soient les raisons, il s’agit de se réapproprier un corps transformé, d’en reconnaître le vécu et de construire avec lui de nouveaux souvenirs.
Espace Mercerie
Rue Mercerie 22
1003 Lausanne
Jusqu’au 25 octobre 2026
Ouvert tous les samedis
de 11h à 14h
ART+HÔPITAL 4
Focus sur la diversité des approches
Les artistes de l’Avant-Garde le disaient : L’art, c’est la vie ! – d’où la complexité de formuler une seule et unique définition de l’art. Déterminer les diverses présences et offres artistiques à l’hôpital, constitue un autre défi de taille. Les quatre vitrines de la Bibliothèque universitaire de médecine (BiUM) présentent quelques approches de l’art en milieu hospitalier.
Luc Aubort
VITRINE 1 -> L’art produit par des artistes professionnel·le·s
Le lieu transforme le rapport aux œuvres.
Les activités culturelles d’un hôpital proposent d’amener l’art dans les espaces de soins, d’attente et de passage.
ARTCHUV organise des expositions d’art contemporain avec des œuvres d’artistes reconnues. Cela signifie que ces artistes suivent des intentions formelles et conceptuelles claires et que cette activité les situe professionnellement.
Les Mouchoirs de Luc Aubort représentent des taches de couleurs symétriques à l’image du test de Rorschach servant de support en psychologie.
Dans le contexte de l’hôpital, certains aspects de ces œuvres marquent davantage que dans un musée ou une galerie. Leur fonction ressort davantage : un mouchoir évoque les différentes sécrétions du corps, et rappelle la maladie.
Florence Friedrich
VITRINE 3 -> L’art produit d’abord pour soi par des personnes ayant vécu la maladie
Une démarche entreprise aussi avec l’intention de se (re)construire et de partager cette nouvelle identité.
Après une formation artistique ainsi qu’en Lettres, Florence Friedrich travaille durant de nombreuses années dans le domaine muséal. En parallèle, elle ouvre un atelier de peinture libre pour enfant et adulte à Lausanne. Touchée par la maladie, elle entreprend une activité artistique personnelle et écrit : « Séquelle ou pas de mes séjours à l’hôpital - entre lames de microscope, verre plombé anti rayons x et triple vitrage -, la plaque de verre est devenue l’unique support de mon travail depuis que la maladie a tenté un come-back en 2021. Solide et fragile à la fois, elle signifie pour moi toute l’ambivalence de la résilience. »
Le travail avec ce support fragile lui permet de transformer ses épreuves en force créative ; la maladie devient un moteur.
Artothèque
VITRINE 4 -> L’art comme support à la réhabilitation
Sur le modèle d’une bibliothèque, l’Artothèque des Ateliers de réhabilitation permet à toutes et tous d’emprunter une œuvre originale.
Ces œuvres ont été créées par des personnes touchées dans leur santé psychique. L’activité artistique permet de se réhabiliter, de donner un sens à son parcours, mais aussi de construire de nouveaux projets pour le futur.
Cette artothèque permet aussi de déconstruire les idées préconçues sur la maladie mentale et de démocratiser l’art en offrant à toutes et à tous la possibilité d’avoir des œuvres originales chez soi.
Aperçu de la collection du Musée de la main Unil-CHUV
VITRINE 2 -> L’art produit ou collectionné par des professionnel·le·s de la santé
Un aperçu de la collection du Musée de la main Unil-CHUV.
Les liens entre art et médecine s’expriment parfois à travers le dessin comme outil d’observation et de transmission des savoirs. William Littler (1897-1977), l’un des pionniers de la chirurgie de la main, réalise des dessins précis pour documenter ses interventions, comme l’étude préparatoire présentée ici.
Cette œuvre fait partie de la collection constituée par Claude Verdan (1909-2006), chirurgien et fondateur du Musée de la main. La collection rassemble sculptures, peintures, photographies, pièces anatomiques et ethnographiques, témoignant des liens étroits entre création artistique, savoir médical et patrimoine culturel.
Dans cette même volonté de faire dialoguer art et soin, ARTCHUV offre également au personnel du CHUV la possibilité d’exposer ses créations dans le cadre de LA COLLECTIVE DU CHUV. C’est l’occasion pour chacune et chacun de se rencontrer autrement.
Bibliothèque universitaire de médecine
CHUV/BiUM
Chemin des Falaises 2
1005 Lausanne
Jusqu’au 25 juin 2026
Lundi à vendredi de 8h à 22h
Samedi et dimanche de 9h à 21h
ART+HÔPITAL 5
Images scientifiques
Une exposition vitaminée pour l’entrée du bâtiment administratif du CHUV, ces deux images sont issues du Concours FNS d’images scientifiques et représentent respectivement les vitamines B et C.
En plus de sa mission principale de soutien à la recherche, le Fonds national suisse (FNS) organise depuis 2017 cette compétition annuelle afin de promouvoir la science.
Hélène Lambert
Vitamine B
Quand les vitamines s’utilisent comme de la peinture, apparaît une image qui oscille entre univers baroque et disco. Les teintes dorées et les ramifications caractérisent la vitamine B. Au contact de la lumière, ses propriétés physiques créent des interférences qui forment ces paillettes colorées.
En alliant science et art, la chimiste Hélène Lambert, rend visible l’infiniment petit, qui évoque le monde qui nous entoure.
David Kubon
Vitamine C
Cette image révèle la beauté des cristaux de la vitamine C. Il s’agit d’un résultat inattendu à la suite d’une expérience scientifique.
David Kubon, biologiste moléculaire, utilise la vitamine C pour protéger les cellules lors d'expériences impliquant des ciliés (organisme unicellulaire).
Quand le liquide contenant les ciliés et la vitamine C s’assèche, il reste des cristaux dont il n’est pas possible de prévoir la forme ni la couleur. Cette composition a la particularité d’évoquer des tranches d’oranges, qui sont directement associés à la vitamine C.
ESPACE BUGNON
Rue du Bugnon 21
1011 Lausanne
Jusqu’au 25 juin 2026
Sur rendez-vous